
Une autre première pour la Fédération Haltérophilie Canadienne Maîtres
Une étape petite mais significative vers l’inclusion de la Para-Haltérophilie
Les Championnats Canadiens Maîtres d’Haltérophilie 2022 qui viennent de se terminer le mois dernier à Moncton, au Nouveau-Brunswick, ont inclus leur première athlète adaptive en présentiel compétitionnant en tant que para-haltérophile. Nalani Perry, qui compétitionnait dans le groupe d’âge de Femmes de 40-44 ans et classe de poids 87+ kg, a réussi tous ses 6 essais, trois pour chacun des levers de compétition. Son plus haut résultat à l’arraché a été de 36 kg et celui à l’épaulé-jeté a été de 45 kg, lui donnant un total de 81 kg et la qualifiant pour les Championnats Mondiaux Maîtres 2022 ce décembre à Orlando. Nalani va compétitionner en tant qu’“athlète adaptive”, la nomenclature utilisée par les Maîtres de la USAW et le Comité Maîtres de la International Weightlifting Federation. Au Canada les athlètes adaptifs qui sont membres de la Fédération Haltérophilie Canadienne Maîtres sont appelés para-haltérophiles. Ces athlètes sont des athlètes adaptifs utilisant des modifications aux règlements de l’haltérophilie de style olympique.
Dû à la condition du Syndrôme d’Ehlers Danlos (SED) qui fait que ses articulations sont dans une position instable, Nalani a compétitionné dans la catégorie de Para-Haltérophilie PH5, “Amplitude de mouvement limitée et instabilité des articulations.”
Plus d’information à propos de la Para-Haltérophilie Canadienne est sur notre site web au lien:
J’ai eu le plaisir d’interviewer Nalani.
Le parcours vers notre sport doit certainement impliquer des individus ayant votre confiance à vos côtés. Avez-vous une équipe de soutien qui travaille avec vous?
J’ai une équipe de personnes avec qui je travaille sur une base régulière que j’aimerais mentionner. Mes entraîneurs présents aux Championnats Nationaux étaient Morgan Crowe et Cody Steeves.
En arrière-scène j’avais le soutien d’une équipe qui inclut mon physiothérapeute Mike Connors, mon thérapeute en sport Eric Richard, et massothérapeute et acuponcteur Bruce Bradley, tous du bureau Young Kempt Physiotherapy; et ma diététicienne de sport Michaela Henderson du bureau Coastal Sport & Wellness.
L’équipe de personnes qui travaillent avec moi en tant qu’athlète adaptive ont contribué grandement à mon succès. Ces personnes me permettent de rester active et de faire les choses que j’aime faire (telle que l’haltérophilie).
Comment vous êtes-vous impliquée en haltérophilie en tant qu’athlète adaptive?
Avant l’haltérophilie j’ai commencé à faire du CrossFit. Mon physiothérapeute (Michael Connors, de Young Kempt Physiotherapy) s’était joint à un gym de CrossFit et il parlait en très bons termes du genre de conditionnement fonctionnel que le CrossFit lui fournissait durant nos sessions de physiothérapie. Plus il en parlait, plus je voulais essayer le Crossfit. Alors, j’ai pris les sessions de découverte d’’introduction au CrossFit’ au CrossFit Basinview à Bedford, en Nouvelle-Écosse.
L’instructeur a mentionné que j’étais une naturelle à l’haltérophilie, ce qui était exactement ce que je ressentais aussi. J’ai gravité naturellement vers l’haltérophilie à mesure que le temps passait. Je faisais un mélange de classes de CrossFit et classes d’haltérophilie pour à peu près deux ans mais je suis complètement tombée en amour avec l’haltérophilie. Cela est devenu une passion et me remplit de joie. Une fois que la pandémie a commencé, j’ai commencé à faire juste de l’haltérophilie avec du conditionnement métabolique au lieu du CrossFit et je n’ai jamais regardé en arrière.
Initialement je n’ai pas abordé l’haltérophilie ‘adaptive’ pour moi. Personne ne savait que cela existait puisque nous n’avions pas entendu parler d’athlètes adaptifs en haltérophilie. Alors, nous l’avons simplement abordé avec une attitude de “faire ce qu’on peut avec ce qu’on a”. Cela veut dire que ce je fais aujourd’hui pourrait ne pas être la même chose que je ferai demain. En tant qu’athlète adaptive, la ‘surface de jeu’ peut être très différente au jour le jour dépendant de comment je me sens, quelles blessures j’ai, et n’importe quelles modifications que j’ai besoin de faire. Je pourrais avoir à utiliser un renforcement (bracing), ou non, dépendamment de ces facteurs. Nous disons très rarement ‘non’ à faire n’importe quoi et cela veut dire beaucoup en tant qu’athlète adaptive. Les modifications peuvent être faites à n’importe quel exercice et mouvement. Vous devez juste trouver la façon correcte de le faire pour l’individu en gardant le modèle de mouvement voulu.
En tant qu’athlète adaptive, l’haltérophilie a changé ma vie. Cela me donne un moyen de renforcer mon corps et d’être au côté d’un équipe d’athlètes qui ne se soucie pas que je sois une athlète adaptive ou sans handicap. Ils me considèrent comme n’importe qui, et me soutienne comme je les soutiens aussi.
Quels sont certaines de vos pensées personnelles en tant que para-haltérophile aux Championnats Nationaux?
Je dois admettre que les Nationaux étaient ma première compétition de haut niveau. J’avais seulement fait des compétitions locales, beaucoup plus petites, alors c’était très angoissant pour moi. Heureusement j’avais un autre membre d’équipe qui compétitionnait aussi (Brittany Klingmann), et un de mes entraîneurs locaux Morgan Crowe. Cody Steeves était aussi un entraîneur pour nous pour la journée puisqu’il est un membre d’équipe et un entraîneur à Dieppe, N.-B. C’était super d’avoir ces personnes ensemble et de faire cette expérience à nos premiers championnats en présentiel ensemble!
Tout-le-monde dans la salle de réchauffement était d’un bon soutien pour les uns et les autres. Beaucoup de sourires, et un peu de nerfs pour les athlètes. Je ne suis pas sûre si quelqu’un savait même que je suis une athlète adaptive, mais si oui, ils ne l’ont certainement pas montré. J’ai été traitée comme tout-le-monde, ce qui a été apprécié. Cette camaraderie était évidente à mesure que les femmes et leurs entraîneurs étaient prêtes à amener leur force sur la plateforme et montrer ce qu’elles pouvaient faire.
En termes de surface de jeu, c’était excitant. Je savais pourquoi j’étais là et ce que je voulais faire, et j’étais motivée à le faire. Il y avait beaucoup d’adrénaline. Je voulais obtenir un total de qualification pour les Championnats Mondiaux, et aussi démontrer que les athlètes adaptifs peuvent absolument compétitionner dans ce sport. Je peux, ou non, avoir une apparence différente mais cela ne veut pas dire que je ne peux pas lever des barres avec les autres athlètes.
De réussir 6 essais sur 6 était le résultat optimal pour la compétition pour moi. Nous avons fait des buts conservateurs calculés pour chaque lever et nous avions des plans différents pour les différents scénarii basés sur les résultats de mes arrachés pour que je puisse obtenir le total de qualification pour les Championnats Mondiaux. La sécurité était d’une importance extrême bien sûr. Une fois que j’avais obtenu ce total, nous avons tout donné et c’était exaltant. J’ai fait un gros bond en kg entre mon deuxième et mon troisième essai à l’épaulé-jeté puisque je voulais personnellement donner mon maximum sur cette plateforme, dans cette surface de jeu, pour que je sente que j’avais gagné. Quel maximum cela a été! Cela a été une des meilleures expériences en haltérophilie jusqu’ici. D’avoir la confiance en soi, et dans les préparatifs que vous avez fait avant la compétition représentait tout. Tout est arrivé parfaitement ensemble, et je suis très reconnaissante de tous ceux qui m’ont aidé à atteindre ces buts.
De recevoir une médaille d’or en tant que première femme para-haltérophile au Canada a été incroyable. Je ne pourrais pas avoir demandé un meilleur accomplissement et je suis reconnaissante que la CMWFHCM a un programme de para-haltérophilie auquel les athlètes adaptifs peuvent prendre part.
Quels sont vos buts en tant qu’athlète adaptive compétitionnant en tant que para-haltérophile?
Buts à court terme: Je travaille présentement à améliorer ma technique. C’est un but sans fin! Je mets aussi de l’emphase à gagner de la force supplémentaire dans les parties de mon corps qui en ont besoin pour devenir une athlète plus forte en général. Je sais que nous devons mettre autant d’effort dans les exercices auxiliaires que dans les levers eux-mêmes! Je compétitionnerai à une compétition locale en septembre, et je commencerai à me préparer pour les Championnats Mondiaux Maîtres d’Haltérophilie de la IWF à Orlando, Floride en décembre, ainsi que la Coupe du Monde Maîtres en Nouvelle-Zélande en mars (2023). J’ai hâte de continuer à démontrer que les athlètes adaptifs peuvent être des para-haltérophiles.
Buts à long terme: J’aimerais continuer à compétitionner au niveau local, national et international. Mon but est de prouver et montrer que les athlètes adaptifs peuvent être des para-haltérophiles. Il n’y a pas de meilleure façon de montrer quelque chose, de prouver que cela peut se faire, et de le faire avec succès. Je collabore présentement avec Weightlifting Nova Scotia pour réaliser un programme d’athlètes adaptifs pour para-haltérophiles en Nouvelle-Écosse. Mon but est qu’éventuellement ce programme de para-haltérophilie va emmener à un système qui peut être utilisé pour le sport pour que la communauté d’haltérophilie ait les soutiens en place pour réaliser des programmes adaptifs au niveau national. Les athlètes adaptifs ont besoin de se voir dans ce sport, alors donnons-leur les opportunités de le faire.
Nous voyons les essais Nalani dans ces deux photos excitantes.
La première montre Nalani complétant son essai réussi à l’arraché de 36 kg (levant la barre de la plateforme jusqu’à au -dessus de sa tête en un mouvement complet et fluide). De cette position, Nalani étend ses jambes, se lève, et attend le signal de l’arbitre en chef pour retourner la barre sur la plateforme. Dans la deuxième photo, Nalani est dans la position de “réception” de son jeté de son essai réussi à l’épaulé-jeté de 45 kg.
Avant cette photo, Nalani a levé la barre de la plateforme et l’a guidée vers la région épaules-clavicules de sa poitrine. De cette position, elle s’est penchée, incorporant un léger fléchissement de ses jambes aux genoux, et a poussé la barre au-dessus de la tête. Sur cette photo, ses bras ont atteint leur extension complète avec le poids centré juste au-dessus de sa tête, et ses jambes supportent le poids, utilisant une technique de “split ». Après cette photo, Nalani retourne ses jambes, étendues complètement, dans la position debout et attend le signal de l’arbitre en chef pour retourner la barre sur la plateforme.
Nalani a reçu une médaille d’or pour sa performance, après quoi nous sommes sûrs que plusieurs prix suivront. Aussi inclut est une photo qui montre les compétiteurs de la 7e session, avec qui Nalani a partagé plusieurs moments excitants, et une photo du Président de la Fédération, Mark Gomes, qui présente fièrement sa médaille d’or à Nalani.

